Comment a-t-on choisi les textes qui composent la Bible ?
Ce fut un long processus de discernement dans les communautés croyantes juives et chrétiennes.
La question était de savoir quels textes font autorité ;
avant toute décision formelle, il y a eu le poids des pratiques et, à certaines étapes au moins, des débats.
Dans le monde juif, le premier ensemble littéraire à être ainsi reconnu a été la Torah ou le Pentateuque,
c’est-à-dire les cinq livres attribués à Moïse (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), peu après l’an 400 avant notre ère.
Puis ce furent le tour des livres prophétiques (autour de l’an 200) et des « écrits » (les Psaumes, Job, Daniel, etc.) vers la fin du premier siècle de notre ère.
Les chrétiens ont repris les mêmes listes, en y ajoutant des livres juifs écrits en grec et notre Nouveau Testament.
Pour ce dernier, tout n’est pas clair. Une première liste, rapportée dans le Canon de Muratori remonte aux années 165-180
et correspond presque à notre Nouveau Testament, mais des discussions ont continué jusqu’au IVe siècle.
Quant aux évangiles « apocryphes » (c’est-à-dire « cachés »), ils ne sont pas reconnus et sont plus récents que les autres,
et ils émanent surtout de groupes marginaux plus ou moins ésotériques, qu'on appele "gnose", c'est-à-dire connaissance.