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« En ce temps-là, une femme du nom de Saraï, était dans la tristesse. Bien que son âge avançait, elle n’avait toujours pas d’enfant. Le Seigneur avait bien fait des promesses à son mari Abram, mais le savait-elle ? De toute manière, cela n’avançait à rien, elle en voulait à Dieu.
Elle dit à son mari : ‘Voilà, je prends les choses en mains, puisque Dieu m’empêche d’avoir un enfant ! Je mets entre tes bras ma servante égyptienne, Hagar, peut-être que par elle j’aurai un fils’.
Abram écoutait la proposition de Saraï. Il alla vers Hagar et celle-ci devint enceinte. Mais, quand elle se vit attendre un enfant de son maître, Saraï ne compta plus à ses yeux. Saraï en fut blessée et dit à son mari : ‘Tu es responsable de l’injure qui m’est faite ! C’est moi qui t’ai donné Hagar ! Vois maintenant !’ Abram lui répondit : ‘Ta servante est en ton pouvoir, agis comme tu le veux !’.
Saraï maltraita si fort Hagar que celle-ci s’enfuit au désert. Elle arriva près d’un puits et, là, l’ange du Seigneur l’attendait : ‘Hagar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ?’ - ‘Je fuis ma maîtresse Saraï’ - ‘Retourne chez elle, sois-lui soumise. Mais je multiplierai tant ta descendance qu’on ne pourra la compter ! Voici que tu es enceinte, tu enfanteras un fils, tu lui donneras le nom d’Ismaël, car le Seigneur a perçu ta détresse. Ton fils sera un vrai âne sauvage, fort contre tous !’.
Hagar invoqua le nom du Seigneur qui lui avait parlé. ‘Tu es Dieu qui me voit !’ et elle dit : ‘Ai-je vraiment vu Celui qui m’a vue ?’.
C’est pourquoi on appelle ce puits : ‘Lahaï Roï’ (Le puits Lahaï de Celui qui me voit). Il se trouve entre Cadesh et Béred.
Hagar enfanta un fils et Abram donna le nom d’Ismaël, ce fils que Hagar lui avait enfanté.
Et voici que, bien après cela, le Seigneur apparut à Abram et lui dit : ‘C’est moi Dieu puissant. Marche en ma présence et sois intègre. Je veux te faire don de mon alliance entre toi et moi. On ne pourra plus compter ta descendance... Je te fais père. D’une multitude de nations. Des rois descendront de toi. J’établirai mon alliance entre toi et moi, et ta descendance après toi. Je te donne cette terre en propriété perpétuelle. Et voilà le signe de mon alliance : tous les mâles seront circoncis. Toujours ! C’est le sceau de l’alliance ! Je change ton nom d’Abram en Abraham et celui de Saraï en Sara (Saraï = ‘ma princesse’ ; Sara = ‘princesse’ ; Sara n’est plus définie par son appartenance au père ou au mari). Je la bénirai et elle te donnera un fils’. Abraham se dit en lui-même : ‘Comment est-ce possible ! J’aurais un fils alors que je deviens vieux !’ Il rit et dit au Seigneur : ‘Que vive Ismaël en ta présence !’.
‘Non, dit le Seigneur, c’est de Sara que je te donnerai un fils et tu lui donneras le nom d’Isaac. J’établirai mon alliance avec lui. Pour Ismaël, je t’exauce : vois, je le bénis et il aura une immense descendance, même des rois. Et je ferai de lui une grande nation. Mais mon alliance, je la fais avec Isaac, ce fils que Sara aura avant un an’. Et Dieu s’éloigna d’Abraham.
Abraham se fit circoncire, lui et tous les mâles de sa maison et Ismaël qui avait déjà treize ans. C’est le même jour qu’Abraham et son fils Ismaël furent circoncis.
Dieu promit encore une fois un fils à Sara. C’était quand Abraham reçut les trois hommes au chêne de Mambré. Ils demandèrent où était Sara et le Seigneur dit : ‘Je reviendrai au temps du renouveau et Sara, ta femme, aura un fils’. Sara, à l’entrée de la tente écoutait ! Elle se mit à rire : ‘Est-ce que je pourrais avoir encore un enfant, alors que je suis avancée en âge ! (En effet, elle avait cessé d’avoir ce qu’ont les femmes) Et mon maître est si vieux !’. Le Seigneur dit : ‘Pourquoi Sara a-t-elle ri ? Pourquoi dit-elle je suis trop vieille ? Y a-t-il une chose impossible pour le Seigneur ? Sara aura un fils’. Sara dit : ‘Non, je n’ai pas ri !’.
Le Seigneur intervint pour Sara, comme il l’avait promis, et elle mit au monde un fils à Abraham, tout vieux qu’il était. Abraham appela Isaac le fils qui lui était né, celui de Sara, et il le circoncit au huitième jour comme Dieu l’avait demandé. On dit qu’Abraham avait cent ans quand son fils Isaac est né !
Sara s’écria : ‘Dieu m’a donné de quoi rire ! Quiconque l’apprendra rira aussi. Qui aurait cru que j’allaiterais encore un fils !’.
L’enfant grandit et, le jour où il fut sevré, Abraham donna un grand festin. Sara vit qu’Ismaël, le fils que Hagar, l’Égyptienne, avait donné à Abraham, jouait avec son fils Isaac. Elle dit à son mari : ‘Chasse la servante et son fils, car le fils de la servante ne doit pas hériter avec mon fils Isaac !’. Cette parole fâcha beaucoup Abraham car Ismaël, c’était son fils ! Mais Dieu dit de le faire quand même, car ‘c’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom’.
Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Hagar. Il lui mit l’enfant sur l’épaule et la renvoya.
Hagar s’en alla donc, errant dans le désert. Ne sachant où aller. Quand l’outre fut vide, elle cacha l’enfant derrière un buisson du désert et s’en alla plus loin. Elle ne voulait pas voir mourir Ismaël. Elle cria et pleura.
Dieu entendit la voix du garçon, et venant du ciel, l’ange du Seigneur appela Hagar et Dieu lui dit : ‘Qu’as-tu Hagar ? Ne crains pas car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi et relève le garçon, prends-le par la main, car je ferai de lui une grande nation’.
Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits avec de l’eau. Elle alla remplir l’outre et fit boire le garçon. Dieu fut toujours avec le garçon qui grandit et habita le désert. Il était devenu un tireur d’arc expert ! Il habita le désert de Parân et Hagar lui donna comme épouse une femme du pays d’Égypte. »
(d’après Gn 16,1 à 17-27 ; 18,9-15 et 21,1-21). |