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La vie chrétienne, une résurrection anticipée


1. La résurrection, obejt de foi
2. Le caractère pascal de la vie chrétienne
3. Ressuscité avec le Christ

4. Immergés dans la mort du Christ
5. Ne soyons plus esclaves du péché
6. Dans la liturgie
7. Chanter la parole de Dieu

  « Donner, c’est bien. Cela donne la vie.
Pardonner, c’est ressusciter un mort »
(Cardinal Danneels)

1. La résurrection, objet de notre foi et base de notre espérance

     La résurrection de Jésus apporte une solution à la question du salut telle qu'elle se pose à chacun de nous. Objet premier de notre foi, elle est aussi la base de notre espérance.
                                             « Jésus est ressuscité comme prémices de ceux qui dorment » (1 Co 15,20). :

Cela fonde donc notre attente de la résurrection au dernier jour. Jean développe très peu le tableau de la résurrection finale ; il la voit réalisée anticipativement dès le temps présent. Il affirme notamment ceci :
                                  «L'heure vient, et nous y sommes, où les morts entendront la voix
                                  du Fils de Dieu et tous ceux qui l'auront entendue vivront
 » (Jn 5,25) .

ou encore dans la première lettre de St Jean :
                                   « nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie » (1 Jn 3,14).

     Telle affirmation ne supprime pas l'attente de la résurrection finale, mais elle transfigure dès maintenant notre vie et notre marche sur les pas du Christ.

 2. Le caractère pascal de la vie chrétienne

     Saint Paul disait déjà la même chose en soulignant le caractère pascal de la vie chrétienne, en tant qu'elle est une participation réelle à la vie de Jésus Christ ressuscité. La vie nouvelle dans laquelle nous sommes entrés n'est pas autre chose que sa vie de ressuscité, écrit Paul aux Éphésiens :

« Alors que nous étions morts à cause de nos fautes, Dieu nous a donné la vie avec le Christ
– c'est par grâce que vous êtes sauvés – avec lui, il nous a fait asseoir dans les cieux en Jésus Christ.(…)
C'est par la grâce en effet, que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi ; vous n'y êtes pour rien, c'est le don de Dieu 
» (Ép 2,5-8).

3. Ressuscités avec le Christ

« 03 Ne le savez-vous donc pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés.
04 Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui,  c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,  de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts.
05 Car, si nous sommes déjà en communion avec lui  par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
06 Nous le savons :  l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui  pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
07 Car celui qui est mort est affranchi du péché.
08 Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
09 Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.
10 Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ;  lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant.
11 De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ 
»  (Ro 6,3-11).

     Avec ce passage de la lettre aux Romains, c'est une catéchèse baptismale que nous abordons. Le chapitre 6 marque la manière dont un chrétien s'approprie le salut apporté par Jésus Christ. Dans les Eglises melkite et orthodoxe du Proche Prient, l'assemblée chante ce texte paulinien à chaque baptême individuel ou collectif.
      Le chapitre 6 se subdivise en deux parties : aux v.1-11, Paul évoque le mystère du baptême et aux v.12-23, il en tire les applications.
     Après avoir évoqué sa théologie du baptême en général (v.3-5), St Paul revient sur ses deux éléments constitutifs en particu-lier, la mort (v.6-7) et la vie (v.8-11).

4. … Immergés dans la mort du Christ

    Zone de Texte: Baptisés dans le   Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés  L'apôtre part concrètement du sacrement tel qu'il est vécu. Le sens étymologique du mot baptiser est plonger, immerger. Les mots interpellent. Immergés (=baptisés) dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que nous avons été immergés : allusion au rite baptismal, où le néophyte plongeait nu dans l'eau du baptistère, simulant symbolique-ment une mort à ce monde (1).

     Ceux à qui il est arrivé de se baigner un jour savent que plonger, c’est se rendre au fond. Transposé à notre sujet, cela revient à dire que le baptisé s’immerge dans le Christ au point d’en faire le cadre dans lequel il vit. Dans une autre lettre, le même auteur avouera :

« Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi.
Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi 
» (Ga 2, 20).

     Le Christ devient donc la règle de vie du baptisé. Paul insiste sur ce rite comme ensevelissement avec le Christ : « le baptisé descend dansl'eaucomme dans une tombe, dit encore le Père Radermakers,  afin de vivre désormais ressuscité comme le Christ, transformé en lui » (2).
Le vête­ment blanc qui attend le nouveau chrétien, est lui aussi un signe de cet habillage nouveau ; il participera dorénavant à la résurrection du Christ en se laissant transfigurer et en s'effor-çant de vivre selon l'évangile. Le baptême est comme un passage à travers le tombeau, qui mène à une conversion.
     Le baptême se fait au nom du Christ Jésus. Il est le sacrement de sa mort et de sa résurrection. Le baptisé est entraîné dans un renouvellement, dans une recréation. Sauvé par le Christ, l'homme n'est-il pas destiné à trouver son accomplissement en devenant fils dans le Fils ?

5. … ne soyons plus esclaves du péché

     Paul se fait insistant : « L'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui » (v.6). Être baptisé dans la mort du Christ, c'est véritablement vivre une crucifixion avec lui ; Paul n'écrit-il pas : « Je suis crucifié avec le Christ » (Ga 2, 7) ?
   Zone de Texte: Frères Chrétiens…  « Adoptez le comportement de l’homme nouveau »    En somme, c'est l'Esprit Saint, l'esprit de liberté, qui configure le baptisé au Christ vivant et renouvelle tout son être. Le rite baptismal ne dure qu'un moment et le baptême se vit pendant toute l'existence ; c'est l'acte du Christ, livrant sa vie pour nous qui transforme nos refus en ouverture à l'amour. Ce que Paul tente de nous dire c'est que l'homme doit dire non à son passé de pécheur pour s'ouvrir à son avenir de sauvé. Mais le v.7 fait quelque difficulté : la mort met fin à l'emprise du mal sur l'homme. Nous dirons que le verset illustre bien que la mort est la condition indispensable à la vie nouvelle.
    Oui, aujourd'hui encore, le Christ assume chacune de nos humanités. Ce que saint Paul nous laisse entendre, c'est que la participation au mystère du Christ nous mène finalement à la vie : une vie nouvelle, une vie de ressuscité, une vie de communion avec Dieu, dès ici-bas. Le baptême imprègne toute la vie du chrétien : elle est une mort continuelle et une résurrection permanente.

6. Dans la liturgie

     Ce beau passage de l'épître aux Romains fait partie des textes que la liturgie nous donne de proclamer au cours de la Veillée pascale, juste avant le grand alléluia. Comment dès lors ne pas l'entendre comme le prolonge-ment de l'expérience de l'exode (Ex 14,15s) ? Il avait fallu passer à travers les grandes eaux pour accéder à la vie. Le Christ, lui, par sa passion volontaire, s'est laissé submerger par les flots, mais il en est ressorti porteur de la vie nouvelle et définitive.
     Célébrer la veillée pascale, c'est pour chacun fêter son baptême, et pour la communauté rassemblée, se réjouir des nouveaux baptisés qui ne cessent d'agrandir le peuple de Dieu. "La résurrection nous est donnée comme une grâce et doit s'affermir par le renouvellement de notre vie;        telle est, écrit G.Pinckers, notre Pâque à l'écoute de la Parole. Telle est la Pâque de l'Église vivante. Passons donc de la mort à la vie, de l'ennui à la joie, du doute à la foi. Car voici la Pâque du Seigneur" (3).

7. Chanter la Parole de Dieu

     Plusieurs chants ont été inspirés par les lettres de Saint Paul. L'expression "Hommes nouveaux baptisés dans le Christ" (4) qui a donné le titre à un tropaire de Didier Rimaud, mis en musique par Joseph Gelineau, fait allusion à Ép 4,24

"Adoptez le comportement de l'homme nouveau créé
saint et juste dans la vérité,
à l'image de Dieu".

     Ces hommes nouveaux dont parle aussi la lettre aux Colossiens (Col 3,10), ce sont ceux qui ont été baptisés dans la mort et la résurrection du Christ."Baptisés dans l'eau et dans l'Esprit, nous renaissons créature nouvelle. Plongés dans la mort avec Jésus, nous sommes les enfants du Père" (5).
     Ainsi résonne un chant de Jacques Berthier, dont on doit le texte au frère Maurice Coste. Les paroles résument bien la significa-tion théologique du baptême exprimée par Paul en Rm 6,4s. : être baptisé, c'est être plongé dans la mort du Christ pour renaître avec lui. Notons encore que ce chant est directement en lien avec les différents rites qui constituent le sacrement du baptême, de la bénédiction de l'eau et de la remise de la lumière. Le refrain donne bien le sens du baptême chrétien, tel que l'énonce le Rituel de l'Initiation Chrétienne :
"Leur naissance de l'eau et de l'Esprit Saint, fait des hommes une création nouvelle ; ils sont appelés fils de Dieu et ils le sont réellement" (n°2).    

Katia Vanderhofstadt-Dilien

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1. Gazweiler, Paroles sur le chemin, commentaires du lectionnaire dominical, CDD, Coll Feu Nouveau, 19822. J
2. Radermackers, sj, Lectures de la nuit pascale, Feu Nouveau 46/3,  2003, p.33
3. G.Pinckers, La nuit pascale, Feu Nouveau 46/3,2003, p.39
4. D. Rimaud, J. Gelineau, Hommes nouveaux baptisés dans le Christ, I 14-64-1
5. M. Coste, J. Berthier, Baptisés dans l’eau et dans l’Esprit, I 14-67-1